Les additifs alimentaires peuvent avoir des effets négatifs sur la santé

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Faut-il se méfier des additifs alimentaires ?

Des macarons vert pistache, des bonbons qui pétillent en bouche, une crème glacée couleur Schtroumpf, du jambon rose tendre ou encore des chips goût barbecue… pour rendre certains aliments plus appétissants, les fabricants utilisent des additifs. 

Qu’elles soient chimiques ou naturelles, ces substances sont omniprésentes dans la plupart des produits transformés que nous consommons tous les jours, et leur impact sur la santé est encore insuffisamment connu.

 

 

L'ajout d'additifs peut parfois colorer la langue

Près de 330 additifs, chimiques ou d’origine naturelle, sont autorisés en France. Ils sont ajoutés en faible quantité aux aliments par les industriels pour en améliorer l’apparence, la texture, la saveur ou encore la durée de conservation. Colorants, acidifiants, stabilisateurs, édulcorants, exhausteurs de goût, agents de texture… la liste des ingrédients de certains aliments transformé ressemble parfois à une formule d’apprenti chimiste. Si les additifs ne sont pas véritablement dangereux, leur accumulation et leur association peuvent toutefois finir par poser un problème de santé sur le long terme. Bien qu’ils fassent l’objet d’une évaluation par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), beaucoup d’entre eux sont controversés en raison de risques supposés ou avérés pour la santé. Sur la base d’une revue des données scientifiques, l’association UFC Que choisir a classé les quelque 330 additifs en quatre catégories : ceux présentant une parfaite innocuité, ceux qui étaient tolérables, ceux qui étaient peu recommandables et, enfin, ceux à éviter. L’association de consommateurs a tout de même rangé près d’un quart des additifs dans les deux dernières catégories.

 

Ce qu’il faut lire sur les étiquettes

Mentionnés sur les emballages, ils figurent dans la liste des ingrédients, qui sont classés par ordre décroissant en fonction de leur proportion dans la composition du produit. Étant donné qu’ils ne sont présents qu’en petites quantités, les additifs arrivent donc toujours en fin de liste. Ils y sont identifiés soit sous forme de code (la lettre E, pour Europe, suivie d’un numéro à trois chiffres), soit sous leur nom. Le carbonate de calcium, par exemple, peut figurer sur un emballage sous son nom ou sous le code E170, sous lequel il est répertorié dans la classification européenne. L’avantage du code, c’est que le consommateur sait qu’il a affaire à un additif. En revanche, à moins d’être expert en biochimie alimentaire, il n’a aucun moyen de savoir s’il est d’origine naturelle ou pas.

 

 

les pizzas contiennent des additifs

Des fonctions diverses

Le code européen (avec le E devant) regroupe les additifs en fonction de leur rôle, même si certains peuvent en avoir plusieurs. Ils peuvent être globalement classés en cinq grandes familles : les conservateurs (E200 à E299) ; les antioxydants (E300 à E399) ; les colorants (E100 à E199) ; les agents de texture (E400 à E499) ; les exhausteurs de goût (E500 à E599). Les conservateurs ont pour mission de prolonger la durée de vie de la denrée en limitant la prolifération des microbes et des champignons. Les anti-oxydants, eux, agissent en limitant l’action de l’oxygène sur les produits, les empêchant ainsi de noircir. L’usage des colorants a pour but de rendre les produits plus attrayants. Concernant les agents de texture (émulsifiants, épaississants et gélifiants) et les exhausteurs de goût, les premiers modifient la consistance d’un produit, quand les seconds, comme leur nom l’indique, en relèvent le goût. Pour finir, la plupart des aliments transformés contiennent du sel ou des sucres ajoutés, parfois même où l’on ne s’attend pas du tout à en trouver.

 

 

 

Des effets cocktails probables mais difficiles à estimer

Si la toxicité de ces éléments est difficile à prouver, il existe un autre paramètre encore plus complexe à mesurer : c’est l’effet cocktail. « Au vu du nombre d’additifs utilisés et des combinaisons possibles, il est impensable d’évaluer les interactions entre différentes substances », souligne l’Association santé environnement France (Asef). Certaines molécules, même à très faibles doses et même si elles sont inoffensives utilisées seules, peuvent pourtant devenir dangereuses lorsqu’elles sont associées à d’autres en particulier. C’est le cas, par exemple, de l’antioxydant E320 (butylhydroxyanisol), appelé aussi BHA, qui, lorsqu’il est associé au E321 (butylhydroxytoluène), BHT, augmente la toxicité pulmonaire de ce dernier. Autre difficulté : pour des raisons éthiques, les études menées ne peuvent l’être que sur des animaux. C’est la raison pour laquelle, la plupart des recherches sont réalisées sur des souris mais jamais sur l’homme.

 

Comment éviter les additifs

Les longues listes d’additifs sur un même produit doivent vous faire fuir. Vous pouvez en tolérer, à la rigueur, deux dans un même aliment, à condition toutefois que votre régime alimentaire ne soit pas uniquement composé de produits transformés. De manière générale, veillez à ne pas dépasser 20 à 30 % d’aliments industriels. Pour vous aider à faire vos courses, il existe aussi des applications telles que Yuka, Siga et Open food facts. Cette dernière, très complète, délivre des informations sur les additifs ainsi que sur le niveau de transformation des aliments.


En résumé, pour éviter de consommer trop d’additifs, mieux vaut préférer les produits bruts aux produits raffinés et de cuisiner soi-même plutôt que d’acheter des plats préparés. Le fait-maison permet de contrôler ce que l’on mange et d’éduquer ses enfants au goût. Ces derniers, qui raffolent en effet des plats transformés (sandwichs, pizzas, viennoiseries…), de piètre qualité nutritionnelle mais riches en sucres, sel et additifs en tout genre, risquent de conserver ces mauvaises habitudes à l’âge adulte.

 

 

Source : Le Mutualiste